Après que le gouvernement ivoirien a fixé à 1 200 F CFA le prix du kilogramme de cacao bord champ, certains producteurs ne semblent pas être d’accord avec ce prix, qu’ils jugent insuffisant. Ils menacent même d’entrer en grève pour se faire entendre. L’Organisation interprofessionnelle Café-Cacao (OIA Café-Cacao), présidée par Siaka Diakité, est montée au créneau, à travers son 3ᵉ vice-président et porte-parole, Blondé Obed, pour dire non à la grève et prôner la paix dans la filière café-cacao. Il s’exprimait au cours d’une conférence de presse tenue le mardi 8 septembre 2026, au siège de ladite organisation, dans la commune de Cocody, à Angré 8ᵉ Tranche. À la fin de la conférence, il s’est prêté à nos questions.
Est-ce qu’avec 1 200 F CFA le kilogramme, prix bord champ du cacao, les producteurs peuvent s’en sortir ?
Abel Kacou
Vous auriez dû voir notre désespoir dans la salle, la dernière fois, par rapport au prix annoncé en octobre dernier. Il est clair que les producteurs n’ont pas salué les 1 200 F CFA. Ils ont trouvé que ce n’était pas suffisant. Mais comprenez une chose : les producteurs continuent de faire confiance au gouvernement. Ils savent que le gouvernement sait ce qui est bon pour eux. Nous avons foi !
Abel KacouIl y a eu des moments, dans notre filière, où la petite campagne a coûté plus cher que la grande campagne. Nous avons donc bon espoir que, certainement, tout ce qui a contribué à la fixation des prix n’a pas permis au gouvernement de nous donner ce à quoi nous nous attendions. Mais nous avons bon espoir que, certainement, lors de la prochaine annonce, nous pourrons danser comme nous avons dansé le 1er octobre 2025.
Abel KacouNotre rôle, c’est de comprendre les mécanismes et les facteurs qui ont influencé la fixation des prix, et de les expliquer de manière claire à nos producteurs. Le producteur ivoirien a assez de charges. Il est très disposé à remplir toutes les conditions pour répondre aux exigences des marchés actuels. Néanmoins, le producteur ivoirien connaît ses charges. Nous avons bon espoir que, dans les annonces à venir, nous allons récupérer un prix encore plus intéressant.
Abel KacouCe prix ne satisfait pas tout le monde, vous l’avez dit. Êtes-vous aujourd’hui dans l’obligation d’appeler au calme ?
Abel Kacou
Oh, ce n’est pas forcément une obligation. Je vous ai dit que les producteurs, aujourd’hui, voudraient même 2 000, voire 3 000 F CFA comme prix du cacao. Mais ce qui est annoncé n’est pas un prix qui n’a jamais existé dans la filière. On a souvent payé le cacao à moins de 500 F CFA, et on a également payé le cacao à plus de 500 F CFA. Lors de l’annonce précédente, dans la structure des prix, nous devions avoir 900 F CFA. Le gouvernement a fait des efforts pour nous donner jusqu’à 1 200 F CFA. Cela est un peu passé inaperçu ! Est-ce que les médias parlent souvent de ceux qui relaient les informations ? Quand le gouvernement fait des efforts, on n’en parle pas trop.
Abel KacouComprenez que ce que nous prêchons aujourd’hui, c’est la paix dans la filière. Et je vous dis que la majorité des producteurs est déjà concentrée sur son travail, en train de travailler avec les 1 200 F CFA. Notre souhait, c’est que ces 1 200 F CFA aillent effectivement dans la poche des producteurs. Et cela relève de la grande responsabilité du gouvernement, que nous accompagnons aujourd’hui dans tous les programmes, notamment le système national de traçabilité et la vente à travers la carte de producteur, qui permettra de sécuriser le prix et de garantir le prix aux planteurs. C’est cela, notre nouvelle démarche.
Abel KacouVous allez vous rendre compte que, certainement, les oiseaux de mauvais augure qui prêchent la grève dans les campements auront du mal à être suivis. Les producteurs ivoiriens ont toujours compris que c’est dans la tranquillité et la concertation qu’on trouve des solutions, et non à travers des grèves qui pourraient déstabiliser le climat social. Nous sommes du collège des producteurs à l’OIA Café-Cacao, et vous allez vous rendre compte que, dans les semaines à venir, dans tous les hameaux, les producteurs vont montrer leur détermination à aller tranquillement dans les champs et à travailler.
Abel KacouVous ne craignez pas que cet appel à la grève soit suivi ?
Abel Kacou
Non, non, non… C’est nous, les producteurs. Nous ne pensons pas du tout qu’un appel à la grève sera suivi ici, dans la zone et dans l’environnement actuel.
Abel KacouLes producteurs ont plutôt d’autres défis. Le défi, pour nous aujourd’hui, c’est de savoir comment faire pour que notre production soit éligible au marché international. Nous produisons 40 %, mais nous savons bien que 60 % viennent d’ailleurs. Nous, nous nous battons donc pour être au rendez-vous du marché.
Notre problème aujourd’hui, ce n’est pas d’aller faire la grève autour du prix. Nous avons aujourd’hui un instrument de concertation avec l’État, dans lequel nous continuons de discuter pour l’amélioration des conditions de vie de nos planteurs.
Vous parlez du prix international. Aujourd’hui, il est autour de 3 600 à 3 800 F CFA. Comment expliquez-vous que le prix à l’achat, ici, soit aussi faible par rapport au cours actuel du cacao ?
Abel Kacou
C’est un choix politique. C’est un choix du gouvernement ivoirien, qui a toujours eu le souci de protéger les planteurs de Côte d’Ivoire.
Abel KacouC’est la vente par anticipation. Les prix qui se pratiquent actuellement vont impacter les prix qui seront fixés lors de la prochaine campagne. C’est comme ça qu’il faut comprendre.


